Stanton Glantz affirme que de nombreux défenseurs de la cigarette électronique ne fondent plus leurs arguments sur des données scientifiques. Face à l'accumulation de preuves de la nocivité des cigarettes électroniques, ils changent de discours. Certains emploient des méthodes similaires à celles des climatosceptiques. Cela rappelle également les arguments des représentants des fabricants de tabac lorsqu'ils cherchaient à prouver que fumer n'était pas dangereux.
Renverser la science
Stanton Glantz a énuméré un certain nombre d'exemples d'approches :
- Ils s'attaquent à chaque étude qui ne soutient pas leur position, tout en ignorant les tendances générales qui se dégagent des preuves.
- Ils ignorent les recherches les plus récentes lorsqu'elles ne correspondent pas à leurs idées préconçues.
- Ils continuent de citer des études obsolètes qui sont depuis longtemps dépassées.
- Ils sont obsédés par la causalité dans les études épidémiologiques. Mais ils ignorent ou minimisent les preuves biologiques et cliniques cohérentes.
- Ils écartent les études transversales en raison de la possibilité théorique d'une causalité inverse. Ils le font malgré le fait que des chercheurs démontrent des liens entre la cigarette électronique et certaines maladies chez des personnes n'ayant jamais fumé.
- Ils reprochent aux études épidémiologiques de ne pas tenir compte des facteurs de confusion. Or, ils ne précisent ni la nature de ces facteurs, ni comment ils pourraient expliquer les résultats observés. (Un facteur de confusion est un élément susceptible de fausser les résultats car il peut varier conjointement avec les variables indépendantes et dépendantes d'une étude scientifique.)
- Ils citent les résultats de manière sélective, hors de leur contexte, ce qui ne reflète pas fidèlement la source originale.
- Ils prétendent que les jeunes qui passent de la cigarette électronique à la cigarette classique le font en raison de « facteurs communs », malgré les preuves du contraire. C'est le même genre d'argument que celui avancé par les fabricants de tabac lorsque ces derniers affirmaient que les fumeurs atteints de cancer étaient affectés par leur patrimoine génétique commun.
- Ils disqualifient les études animales au motif qu'elles ne sont « pas humaines » ou parce que les doses étaient élevées.
- Ils critiquent des articles scientifiques au moyen de lettres à la rédaction ou d'autres messages rapides, puis les citent comme s'il s'agissait d'articles complets évalués par des pairs.
- Ils exigent des essais contrôlés randomisés alors que seules des études observationnelles sont possibles.
- Ils ont établi des critères pratiquement impossibles à respecter pour tirer des conclusions.
Peut être indépendant
Stanton Glantz conclut en disant : Je ne prétends pas que ces personnes travaillent pour l'industrie du tabac, mais elles suivent la vieille stratégie de cette industrie en défendant et en promouvant les cigarettes électroniques même en l'absence d'arguments scientifiques.
